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Le retour au pays! Mon témoignage : comment ça se passe vraiment ? Partie 2/3

Où allons-nous? Que faisons-nous de nous?


Le périple commence avec la course au logement. Après un petit tour sur la toile, nous avons contacté quelques agences pour visiter les demeures qui nous ont intéressés. À notre surprise, les biens n’existaient pas. C’était juste un stratagème pour s’attirer des clics! Bonjour la supercherie!! Pour vous faire retenir, on vous propose une maison, même si elle ne correspond pas à vos critères. Après tout, tant que vous êtes là, autant qu’ils profitent quitte à vous imposer leurs choix à eux et avoir recours à la vente forcée.


Une fois le logement assuré, nous nous dirigeons vers les magasins de meubles. Nous avons été sidérés de voir le laxisme de certains commerciaux, qui n’ayant simplement pas envie de travailler nous envoient voir le concurrent! La commande passée, on nous annonce une date de livraison, qui sera prolongée à plusieurs reprises. Quand à nous, nous espérions juste ne pas recevoir des meubles endommagés ou tout simplement non conformes.


Les surprises nous poursuivent jusqu’aux restaurants, même les plus huppés: un couvert sale dont nous exigeons le remplacement et qui atterrit sur une autre table, un serveur qui a dû oublier le sourire mais qui vous met la pression pour commander ce qu’il juge lui adéquat!

La qualité d’accueil et de service laisse globalement à désirer: que ce soit dans les commerces, ou les administrations ou les restaurants, nous avons souvent constaté que l’on se préoccupe peu de la satisfaction des moindres exigences des clients. L‘accueil froid et le manque d’écoute instaurent une sorte de manque de confiance.


Quant aux services bancaires, c’est le même constat: la lenteur est le maître mot. Chaque transaction s’étire dans le temps, service online presque défaillant sans parler des taux d’agios non respectés. Bref, un rapport prestations, qualité/prix inexistant!


Les technologies rament également: difficultés à obtenir un domaine, sites étatiques contenant des informations obsolètes.


Ce qui nous a profondément choqués c’est la pénurie…ou plutôt les pénuries successives et/ou simultanés des produits élémentaires si ce n’est vitaux; un coup, le lait, un coup, le beurre, une autre fois les fournitures bureautiques sans oublier le scandale honteux des médicaments. Comment sommes nous passés de l’auto-suffisance à la pénurie? À qui profite cette descente aux enfers? Sûrement pas au simple consommateur qui subit le manque et la cherté.

Face à cette montée soudaine des prix, le citoyen regarde impuissamment baisser son pouvoir d’achat…il doit faire des acrobaties pour assurer son quotidien, cédant la perspective de devenir un jour propriétaire, acheter un bien tient désormais du miracle, compte tenu des conditions bancaires drastiques et l’inflation suffocante.


Mais au fond, comment espérer une amélioration si l‘économie est prise en otage des grèves incessantes de tous secteurs confondus: transporteurs, enseignants, médecins, ports et aéroports…. Il ne se passe pas un mois, qu’un secteur ne déclare une grève, freinant ainsi tout un pays et délapidant vainement des journées de travail.


La défaillance se propage également dans le système éducatif étatique dont le rendement rend l’âme en faveur des établissements privés accessibles à la minorité des citoyens. Ce que l’on peut qualifier d’injustice scolaire.


Hormis l’inadaptation des programmes, il est à noter, la communication entre l’établissement scolaire et les élèves et leurs parents est difficile, voire violente et irrespectueuse. Quel exemple donne-t-on à nos enfants?


Nos institutions d’éducation publiques ne sont pas protégées et nos enfants sont menacées par les fléaux de la drogue, commercialisée par des voyous les guettant aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des écoles et des lycées. Malheureusement, les menaces ne viennent pas que de ces bandes de dealers, mais aussi du corps éducatif, dont certains membres symbolisent le danger extrême: combien d’enfants ont été harcelés? Combien ont été victimes de pédophilie de la part de leur maître ou enseignant?...innombrables.

Avoir son propre toit n’est plus une priorité. Ce qui importe, c’est non seulement se nourrir mais aussi se soigner. Là encore, c’est une autre paire de manche: le système de santé publique défaillant, le malade se trouve détourné vers le privé, des médicaments introuvables, très mauvaise infrastructure et des scandales à profusion. Ce qui est certain, il ne s’agit pas que de problèmes de moyens; en se penchant un peu plus sur le secteur privé, le tableau n’est pas plus radieux: le pauvre se trouve encore une fois à la merci d’un médecin ou de sa secrétaire; il est inévitablement coincée dans le réseau scellé par tout le corps médical (médecins, laboratoires, fournisseurs, pharmacies…etc) qui fait jouer ses connaissances.


Au delà de ça, le risque des erreurs médicales n’est pas moindre qu’en public: plusieurs cas de décès dus à des négligences humaines ont été recensés.


La ruine s’étend jusqu’à l’infrastructure. Les investissements à budget réduit empêchent le développement des différentes régions d’une façon égale. Les réseaux de transport sont vétustes : dans les meilleurs des cas, on rafistole les routes ou les systèmes d’évacuation sans penser à des solutions définitives. Le plus tragique est la défaillance de l’eau dans certaines contrées du pays, sinon sa qualité insalubre au cas où elle est disponible.


Mais au-delà de la mauvaise gestion de l’état, il est à souligner, que le citoyen est tout aussi responsable de cette dégradation. En effet, la détérioration avancée de l’infrastructure est à l’image de la crise de valeur du tunisien, dont le comportement est regrettablement anarchique: une mauvaise conduite au sens propre et figuré. Chacun tente d’imposer sa personne sur les autres, se prenant pour le nombril du monde.

D’ailleurs l’irrespect ne se limite pas à ceci, mais l’incivilité est aussi cette étrange habitude de ne pas tenir sa parole ou de ne pas respecter un rendez vous et LE PIRE…de le prendre à la légère. Evidemment, cette nonchalance est appliquée à la lettre dans tous les domaines et se traduit par l’absence de la conscience…tout court: tout le monde est désengagé vis à vis de ses compatriotes, de son travail..; bref de la Tunisie. Décidément, les repères morales sont révolues..je dirais, cette voix intérieure s’est tue et le sens d’obligation de droiture qui devrait émaner de tout chacun est mort.


Il est certain, qu’il reste encore quelques personnes engagées et toujours attachées à leurs devoirs..mais combien sont-ils? Combien de temps résisteraient-ils dans cet sphère de misère?


Un autre phénomène ou plutôt „un nouveau métier“ post-révolution m’a spécialement outrée: la mendicité. Oui, c’est un „travail“ porteur pour une catégorie du peuple, qui cherche l’argent facile. Ce n’est pas que les personnes agées, des pseudo mères pleurnichantes entrainant un nourrisson „loué“ à la journée, ou des jeunes feignant un handicap, qui viennent vous réclamer de l’argent contre une belle prière….non, il y a aussi d’autres mendiants, qui vous „obligent“ à payer pour avoir parqué votre voiture dans la rue…et là, je parle des gardiens de parking „en noir“.


Que dire de ce zéro savoir-vivre? Une délinquance régnante, un manque d’hygiène débordant..le tout dans un climat d’impunité.


L’image de la Tunisie est reflétée dans ses médias dont l’objectif ultime est le populisme si ce n’est le voyeurisme. On se joue des malheurs des autres pour amasser le plus de bénéfices. Tous les programmes tournent autour du spectacle dans toute sa médiocrité. Il est dommage de constater, que notre télévision ne cesse de nous lancer des absurdités à travers des „buzz“ et nous inonder de programmes, qui véhiculent des idées tordues. Tous les débats tentent de générer des scènes violentes, d’étalage de linge sale.


Quant aux émissions de divertissement, elles sont la décadence par excellence: que dire d’un média, qui fait l’apogée d’une starlette à la voix de casserole ou d’une guérisseuse aux pouvoirs incertains?


Je peux affirmer, que, nous, les tunisiens, sommes débrouillards! on s’en sort avec les moyens du bords, usant de créativité, qui pourrait être, des fois, doublée de ruse. Je dis bien « des fois » car ce n’est sûrement pas tout le monde qui use de subterfuges pour sortir d’une situation problématique.


Autant la vie ici est pleine de rebondissements, autant le tunisien ignore de quoi demain sera fait …Où allons-nous? Que faisons-nous de nous?


À ces interrogations, la réponse est toujours identique: choft tounis 9adech fisdit? (T9oul kol we7id howa khatih! Mela chkoun eli ya3mal fi hetha il kol!)


Un constat désolant, qui dénote d’un avenir flou, et qui serait en soi une raison valable pour prendre ses cliques et ses claques et reprendre le chemin vers l’Allemagne.


MAIS!

To be continued…………………


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